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AG 2013 - RAPPORT MORAL DU PRESIDENT M. MONTAL

RAPPORT MORAL

La réalisation des missions confiées aux professionnels de nos établissements et services les situent sur la ligne de front des fractures d’une société qui n’en finit plus de s’enfoncer dans une crise dont les effets sont délétères pour le lien social et le « vivre ensemble ». Le chômage, endémique, atteint des niveaux record et la vulnérabilité et la  précarisation frappent prioritairement, bien entendu, les publics déjà fragilisés, au premier rang desquels, les jeunes, les femmes, les familles monoparentales Quelques chiffres, terrifiants, en attestent : Au plan national, près de 25% des jeunes sont en situation de chômage, 293 000 jeunes auraient « décroché » du système scolaire sans diplôme entre juin 2010 et mars 2011, selon le journal « Le Monde », et une étude de l’INSEE de septembre 2012 chiffre à près de 3,2  millions, soit près de 23,5%, le nombre d’enfants en situation de pauvreté. Selon ce même institut, la région PACA arrive au 4em rang des régions pour l’importance de son taux de pauvreté et le département de Vaucluse est le plus touché de la région avec un taux de 18,4% pour une moyenne nationale de 13,5%. Le taux des enfants en situation de pauvreté en région PACA s’élève à 29,1% et le Vaucluse apparait au 3em rang des départements métropolitains avec un taux qui voisine 34%.

Les jeunes apparaissent bien comme les grands oubliés de la solidarité nationale, et ceux d’entre eux les plus fragilisés ont été victimes du désengagement de l’Etat. Le dispositif « jeunes majeurs » n’est plus financé et l’intervention des Conseils Généraux reste très hétérogène, en deçà des besoins et trop axée sur une visée d’insertion inaccessible pour beaucoup d’entre eux, occasionnant des ruptures dans leur parcours et les laissant sur la touche. Condamnés à l’exclusion, ils arrivent de plus en plus jeune, en très grande détresse sociale, physique  et psychique, dans les dispositifs de type CHRS, comme on a pu le vérifier à l’occasion de nos échanges avec l’association RHESO, qui se trouvent très démunis face à ce public. Quant aux jeunes de moins de 16 ans en situation de décrochage scolaire, comme le relève l’URIOPSS, les dispositifs sont très insuffisants et font de la tranche d’âge 16 – 18 ans un puissant aspirateur à exclusion.

...RAPPORT MORAL (suite)

Dans ce contexte de crise, et malgré les tensions très fortes qui affectent leurs ressources, l’ODAS relève que les départements maintiennent une mobilisation forte sur le plan financier dans le domaine de l’action sociale et celui de la protection de l’enfance. Pour ce qui concerne le Vaucluse, nous nous félicitons qu’en 2012, le Conseil Général ait maintenu un effort soutenu dans ce domaine, même si nos budgets se voient affecter de taux d’évolution proches de 0%, ceci, depuis plusieurs années, très en deçà du taux d’évolution de certaines dépenses comme l’énergie ou l’alimentation, et que des besoins récurrents ou des projets, même validés par les autorités de tarification, se voient refusés ou menacés dans leur mise en œuvre faute d’obtenir le financement nécessaire. Je pense, notamment, à un troisième poste de chef de service à l’AEMO, ou à l’ouverture du Moulin du Vaisseau dans le cadre d’un fonctionnement en continu sur 365 jours, ou, encore, la mise en œuvre de l’accueil séquentiel à La Maison d’Enfants La Verdière.

Consciente de ces tensions, l’association se félicite que les budgets d’exploitation aient, cette année encore, été très maitrisés malgré la situation difficile de certains services ou établissements au plan de leur activité, témoignant, ainsi, de la rigueur de gestion dont font preuve les responsables de structures, leurs équipes et les personnels du siège en charge de cette responsabilité. Je les en remercie.
Malgré ces efforts financiers, le compte n’y est pas quand on observe l’étendue du désastre provoqué  par l’absence d’une réelle politique publique concernant la jeunesse depuis tant d’années. De nombreux espoirs ont été soulevés par l’annonce du Président de la République de son intention de placer la jeunesse au cœur de son projet présidentiel. Si la refondation de l’école apparait comme un chantier prioritaire, nous sommes en attente de signes forts dans les domaines de l’accès à la formation, à l’emploi, au logement, de l’accompagnement des jeunes en situation de grande fragilité, de la promotion de dispositifs qui garantissent une cohérence des interventions éducatives et sociales dans un continuum des prises en charges, ainsi qu’un véritable changement de cap en ce qui concerne la justice des mineurs pour lui permettre de renouer avec les valeurs qui ont guidé l’ordonnance de 45 dans les registres de la prévention et de l’éducation. Mais l’inquiétude est vive de voir les crédits de la PJJ en diminution constante et le secteur associatif habilité placé en situation de variable d’ajustement dans les arbitrages qui sont opérés. Ainsi en est-il de la nouvelle mesure d’investigation, la MJIE, dont les crédits ont été réduits de 12% en 3 ans.

Pour boucler ce petit tour d’horizon des attentes des professionnels, citons la question des mineurs relevant de plusieurs champs (protection de l’enfance, médico-social, pédopsychiatrie, justice) qui illustre la nécessité de considérer les questions de protection de l’enfance et de justice de manière transversale, c'est-à-dire en croisant méthodes de travail, organisations et financements, et met en évidence l’impérieuse nécessité de mettre en place les observatoires départementaux de la protection de l’enfance voulus par le législateur.

Je conclurai mon propos par ce par quoi je l’ai débuté, c'est-à-dire la posture des professionnels en première ligne des fractures sociales et des souffrances humaines qu’ils éprouvent avec une sensibilité exacerbée. L’occasion m’est donnée ici de les remercier pour leur engagement dans ces missions difficiles et de les encourager à persévérer. En effet, ainsi exposés, la tentation peut être grande de se protéger, de développer des réflexes de défense, de plainte mêlant sentiment d’impuissance ou de révolte. A ceux que cette tentation taraude, je les invite à la transformer en indignation, c'est-à-dire refuser de baisser les bras, s élever contre l’inacceptable et l’ignominie, considérer que rien n’est totalement inexorable. Il s’agit de s’inspirer de l’expérience de l’enfant, rapportée par Roland JANVIER (1), qui, plaçant judicieusement un caillou dans le lit d’un torrent, voit son cours se transformer, les courants se modifier, le débit changer. Il s’agit de cette « indignation- création », chère à Stéphane HESSEL, qui vise à la transformation du monde. « Œuvrer à la transformation, c’est prendre sa place dans le lit de la rivière, s’inscrire dans le courant qui passe pour y jouer un rôle. Si minime soit-il, ce rôle participe de la transformation en infléchissant les choses autrement ».

C’est dans une logique identique que s’inscrit le travail de rapprochement engagé par l’ADVSEA et l’Association RHESO et qui débouche aujourd’hui sur la création d’une troisième association nommée AliA. L’ambition de cette association est de réaffirmer l’importance du fait associatif, redonner du pouvoir à l’engagement associatif pour renforcer les solidarités et donner l’accès à une citoyenneté active, promouvoir un projet associatif de territoire visionnaire pour orienter et nourrir l’action publique et citoyenne. Il s’agit, ni plus ni moins, que d’entrer dans le lit de la rivière.
 
Aimé MONTAL
Président de l’ADVSEA,

 

(1)Roland JANVIER, Docteur en sciences de l’information et de la communication. Directeur Général d’association.

 

Buffet préparé par le service de Prévention Spécialisée et son équipe

Buffet préparé par le service de Prévention Spécialisée et son équipe

Atelier transformer "Les Sources"

Atelier transformer "Les Sources"

activités réalisées par les Etablissements et Services de l’ADVSEA & l’Association RHESO en 2012

Activités réalisées par les Etablissements et Services de l’ADVSEA & l’Association RHESO en 2012

Conférence de Presse AliA

Conférence de presse AliA 13 juin 2013

Dossier de presse AliA

 
 
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